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Comment apprendre à s’aimer

Après un succès fulgurant avec Mariage contre nature,  et tandis que son recueil The Lonesome Bodybuilder rencontre un franc succès au Etats-Unis, Yukiko Motoya est devenue l’une des auteures les plus en vogue de ces dernières années. L’occasion idéale de se replonger dans sa première publication francophone, désormais disponible au format poche.

Au fil de ses apprentissages, de ses déceptions et de ses joies, Linde – femme imparfaite, on voudrait dire normale –découvre le fossé qui nous sépare irrémédiablement d’autrui et se heurte aux illusions d’un amour idéal.
Autant de moments qui invitent le lecteur à repenser l’ordinaire, et le guident sur le chemin d’une vie plus légère, à travers les formes et les gestes du bonheur : faire griller du lard, respirer l’odeur du thé fumé ou porter un gilet à grosses mailles. Car le bonheur peut s’apprendre et « pour quelqu’un qui avait raté sa vie, il lui semblait qu’elle ne s’en sortait pas trop mal. »

En quête du bonheur

Si Yukiko Motoya bénéfice d’une bibliographie prolifique dans son pays natal, il en est tout autrement sur le vieux continent où seuls deux de ses romans furent publiés aux éditions Picquier: Comment apprendre à s’aimer, en 2016, et Mariage contre nature, paru l’année suivante. Si ce dernier fut celui qui remporta le plus grand succès, il ne faudrait pas pour autant oublier que Comment apprendre à s’aimer à quant à lui bénéficié du célèbre prix Mishima. Ajoutez à cela un coût dérisoire, édition de poche oblige, ainsi qu’une couverture des plus esthétiques, et tous les ingrédients sont réunis pour s’y plonger sans l’ombre d’une hésitation.

Bien loin de transmettre au lecteur la recette du bonheur, l’objectif est ici  d’observer le cas personnel de l’héroïne et la manière dont elle est passée à côté de sa vie. Pour y parvenir, le roman a pour lui une narration tout a fait originale, d’ailleurs responsable de son succès au pays du soleil levant. On y découvre Linde, à différents moments de sa vie (6, 28, 34, 47, 3 et 63 ans), à chaque fois dans une situation précise. Un bref instant durant lequel elle partagera ses émotions avec le lecteur. Inutile de vous attendre à quelques notions philosophiques ou d’éventuelles recettes miracles. L’objectif de Yukiko Motoya est de décrire une vie dans ce quelle a de plus réaliste. Ni plus, ni moins. Un naturalisme à la japonaise, en quelque sorte, qui se focalise davantage sur la psychologique plutôt que la trame.

Mon avis

Il est difficile de passer à côté d’un Yukiko Motoya en 2019, tant l’auteure a gagné en renommée ces dernières années. Il est vrai que le réalisme de l’œuvre a de quoi dérouter au départ, peut-être parce qu’ il ne cesse de nous rappeler notre propre condition au lieu de nous permettre de nous en évader. Il est s’agit donc de l’un de ces romans que l’on aime ou que l’on déteste. Cependant, si le doute pouvait subsister lors de sa première publication, son prix dérisoire devrait désormais vous convaincre, tant il est évident que ce genre d’initiative se doit d’être encouragée. Il ne s’agira peut-être pas du roman de l’année, mais d’une expérience littéraire nouvelle. Et sachant cela, pourquoi ne pas se laisser tenter ?

Ma note : ★★★★☆
(4/5)

Détails sur le livre

  • Nombre de pages: 144
  • Prix: 8 euros
  • Editeur: Philippe Picquier (17 janvier 2019)
  • Collection: Picquier poche
  • ISBN-10: 2809713960
  • ISBN-13: 978-2809713961

 


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