Littérature
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Androïdes, infertilité et éthique s’entrechoquent dans «Stand-in Companion», une dystopie signée Kazufumi Shiraishi

L’infertilité, autant chez les hommes que chez les femmes, affecte de nombreux couples japonais. Quant à l’utilisation de la technologie pour palier le manque d’affection de l’autre, elle est un sujet d’actualité  de plus en plus présent. Ces thématiques, puisqu’elles impactent profondément la société nippone, sont de plus en plus traitées dans la littérature japonaise et notamment dans les oeuvres de fiction.

 Si Sayaka Murata demeure l’un des exemples les plus probants, elle n’est pas la seule à traiter ces thématiques pour autant. Kazufumi Shiraishi,  auteur primé et réputé pour ses précédents romans «Me Against the World» (Kono yo no zenbu o tekini mawashite ) and «The Part of Me That Isn’t Broken Inside» (Boku no naka no kowareteinai bubun) , présente quant à lui une perspective masculine des plus intéressantes avec «Stand-in Companion» (cf. Compagnon de remplacement) .

Le récit prend place dans un avenir proche, où le gouvernement possède un pouvoir de décision absolu, y compris sur le contrôle des natalités . Hayato et Yutori, qui forment un couple marié dans la trentaine, sont incapables d’avoir un enfant, et font face à de vaines tentatives depuis des années. Lorsque Yutori tombe enceinte après avoir couché avec un collègue, elle abandonne définitivement son mari,  désormais seul avec son père à charge. Mais une nouvelle loi permet à Hayato de se voir attribuer un « compagnon de remplacement », un androïde faisant office de nouveau partenaire, équipé de la mémoire dupliquée de Yutori. Bénéficiant des mêmes droits qu’un être humain, les compagnons n’ont pas conscience d’être des androïdes et ne possèdent qu’une durée de vie de 10 ans. C’est alors qu’Hayato profite de cette occasion pour se venger de la trahison de son épouse véritable, tout en faisant face à sa propre infertilité.

La nouvelle, certes,  déborde d’imagination et se veut traitée de manière aussi habile que ludique. Shiraishi n’hésite pas à exploiter les frustrations d’un couple sans enfants, l’auto-accusation et le blâme tacite suceptibles de ruiner une relation. Avec un peu plus de 50 pages, toutefois, il s’agit davantage d’un teaser que d’une œuvre complète, dotée d’une résolution un peu trop soudaine. On aurait aimé voir ce que l’auteur aurait pu faire avec celle-ci s’il l’avait transformée en roman.

Selon un article du Japantimes

Crédit photo: Kodomoroid et Otonaroid

 

2 commentaires

    • Japon moderne dit

      Oui, vraiment trop ! Le sujet n’est qu’effleuré c’est vraiment dommage étant donné les possibilités qu’offrait une telle histoire.

      J'aime

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