Culture, Manga et animé
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Les liens du sang (Shuzo Oshimi)

Débutée au Japon en 2017 au Japon, la dernière série de Shuzo Oshimi vient tout juste de s’offrir une traduction française. Une excellente démarche de l’éditeur Ki-oon, qui nous permet de découvrir un seinen considéré comme l’un des plus grands  dans son pays d’origine.

Si vous souhaitez en savoir plus au sujet  de Shuzo Oshimi, ne manquez surtout pas les prochains articles manga de Japon Moderne, consacrés à l’intégralité de son oeuvre. Nous reviendrons sur chacun des manga signé de sa plume. 

En résumé

Vue de l’extérieur, la famille du jeune Seiichi est des plus banales : un père salarié, une mère au foyer, une maison dans une ville de province… L’adolescent va à l’école, joue avec ses amis, est troublé quand il pose les yeux sur la jolie fille de la classe. Tout est normal… ou presque. Il ne s’en rend pas compte lui-même, mais sa mère le couve beaucoup trop. Seiko traite encore son fils comme un bébé et, avec un mari toujours absent, son monde est d’autant plus centré autour de Seiichi. Ce dernier est incapable de résister : il se laisse lentement emprisonner dans le cocon. Trop jeune, il ne décèle pas la folie cachée derrière l’amour maternel. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard…

Shuzo Oshimi à son apogée

Une fois n’est pas coutume, nous allons débuter cet avis par une anecdote personnelle. Aux alentours de l’année 2017, tandis que je me baladais dans les rayons d’un combini de quartier, j’ai immédiatement été frappé par la couverture d’un Big Comic Superior dédiée à Chi no Wadachi, de son titre original. Illustration qui, à elle seule, m’a convaincu d’acheter le magazine. Sans doute était-ce le destin, car il s’agissait tout simplement d’un numéro monumental où figurait également Errance d’Inio Asano. Quoi qu’il en soit, le constat est sans équivoque, il s’agit du plus beau travail de l’auteur avec Happiness, justement publié en parallèle. L’esthétique est exceptionnelle de manière générale et la manière dont les sentiments figurent sur les visages des différents protagonistes est criante de réalisme.

 

Ceux qui se sont déjà penché sur Les fleurs du mal ou Dans l’intimité de Marie connaissent parfaitement les thématiques, un brin malsaines, du mangaka. Frustration, manipulation, distortion de la réalité et recherche d’identité sexuelle seront donc de nouveau au rendez-vous,  traitées cette fois avec davantage de maturité et de maîtrise. Dès les premières pages, l’atmosphère est pesante, et cela n’ira qu’en s’intensifiant au fur et à mesure des chapitres, puis des tomes (cinq sont actuellement disponibles au Japon). Ce premier volume se termine d’ailleurs d’une manière tout à fait inattendue. Une surprise telle, qu’elle rend le personnage de Seiko absolument fascinant tant elle incarne la folie et inspire la crainte, dans un réalisme et une crédibilité tout à fait saisissants. Croyez moi, une fois que vous l’aurez terminé, vous ne pourrez qu’attendre la suite !

En somme, si vous aimez les manga, vous devez vous faire un devoir de posséder celui-ci.

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Les Liens du Sang, tome 1, Shuzo OSHIMI, éditions Ki-oon, 7,90 euros.

 

 

 

2 commentaires

  1. un livre qui traite d’une problématique assez taboo, il y a aussi le gros problème du père absent dans les foyer japonais. Merci pour cet article intéressant.

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  2. J’ai adoré le premier tome; le second est commandé et j’attends impatiemment le 12 mai (date de sortie francophone) ! Je vais me pencher sur ces autres œuvres.

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