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Harcèlement des Gravure Idols, le combat de Rui Kiriyama

Rui Kiriyama est ce que l’on appelle une Gravure Idol. C’est-à-dire un mannequin posant en bikini ou en cosplay. Les photographies sont publiées dans des revues et sous forme d’albums-photos visant un public principalement masculin. Aujourd’hui, elle part en bataille contre le harcèlement dont sont victimes les femmes de sa profession.

Un métier de moins en moins vivable

A seulement 30 ans, Rui Kiriyama a un objectif précis: révolutionner l’univers des Gravure Idols. Selon elle, la profession subit une crise sans précédent. Financière, tout d’abord, car la compétition avec la gratuité d’internet fait rage. En effet, on n’achète plus autant de magazines ou de supports vidéo qu’autrefois. Jusqu’à présent, il était possible de pallier à cette concurrence via l’organisation d’évènements. Malheureusement, les restrictions du COVID-19 sont passées par là. Beaucoup de jeunes talents se sont alors tournées vers le monde de la nuit. Et pour cause, la majorité des jeunes filles qui se lancent dans ce business sont adolescentes. Or, il existe souvent une discrimination de la part de l’établissement scolaire qui leur demande de faire un choix entre études et carrière. Si le travail à temps partiel est envisageable, une demande de shooting ou de collaboration peut intervenir à tout moment, ce qui rend l’embauche difficile.

Le harcèlement et les préjugés du public

Mais le véritable fléau qui touche ce métier, c’est bien évidement le harcèlement sexuel. Pour promouvoir leur travail, les Gravures Idols doivent s’exposer sur les réseaux sociaux et y publier certains de leurs clichés. Par leur biais, un nombre incalculable de messages violents, déplacés, ou encore des photos de parties génitales émanent du public masculin. Les étrangers y seraient d’ailleurs beaucoup plus nombreux que les Japonais. Beaucoup se justifient par le fait que ces femmes exposent leur nudité et méritent donc un tel traitement. Avec les fonctions de messagerie instantanées, ce sont des nuits et des journées entières d’insultes et de sonnerie de téléphone incessantes. Cela concerne également les fans: « pourquoi tu ne réponds pas à mes commentaires ? », « pourquoi ne réponds-tu pas à la lettre alors que j’ai dépensé de l’argent pour toi ? ». Peu importe le profil, le harcèlement est sans fin.

Rui Kiriyama en guerre contre le harcèlement des Gravure Idols

Un projet pour protéger les victimes

Rui Kiriyama a donc décidé de mettre un terme à cette situation. Pour cela, elle a crée un « fan club » de Gravure Idols via le site Model’s Link. Pour y avoir accès, il est nécessaire de souscrire à un abonnement, ce qui permet de faire un tri entre les véritables fans et les autres. Ensuite, il est possible de modérer les commentaires ou d’exclure automatiquement certains termes. En somme, une plate-forme a mi-chemin entre consommation et réseau social prive. De cette manière, il s’agit non seulement une solution au problème de revenus grâce au système d’abonnement, mais aussi un moyen efficace de protéger les artistes et de leur permettre d’exercer dignement.

Personnellement, je pense qu’il s’agit également d’une bonne occasion d’éloigner le jeune public de ce genre d’images. Pour rappel, ces dernières se trouvent sur de nombreuses couvertures de mangas et magazine auxquels les enfants ont accès dans les combinis ou les librairies. Privatiser cette fonction permettrait ainsi de préserver les plus jeunes et leur donner une meilleure vision de la femme.

Source: interview de Rui Kiriyama pour Cizo

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